Les psychotraumatismes

Une définition du psychotraumatisme

Louis Crocq nous donne une définition du psychotraumatisme : « phénomène d’effraction du psychisme et de débordement de ses défenses par les excitations violentes afférentes à la survenue d’un événement agressant ou menaçant pour la vie ou pour l’intégrité (physique ou psychique) d’un individu qui y est exposé comme victime, comme témoin ou comme acteur».

Ce choc provoque un stress non assimilable par la personne qui le subit. On parle de traumatisme quand il y a eu confrontation à la mort qu’elle ait été réelle ou imaginaire. On associe souvent psychotraumatisme à situations extrêmes, or on peut parler de traumatisme aussi quand la personne s’est retrouvée dans des situations de tensions prolongées et de peurs. Par exemple, des maladies graves et les traitements et interventions lourdes, consécutifs à ces maladies, peuvent provoquer des psychotraumatismes ou réveiller des psychotraumatismes déjà existants…

Une majorité des traumas trouve son origine dans l’enfance. Il est donc important de se pencher sur les politiques actuelles de protection de l’enfance. Afin de prendre conscience de ces problématiques, je vous recommande le blog de Madame Muriel Salmona : Les violences envers les enfants : un silence assourdissant et une non-assistance à personnes en danger : http://blogs.mediapart.fr/blog/muriel-salmona

Les politiques de protection de l’enfance

Notre société a mené ces cinquante dernières années une politique de protection de l’enfance pour prévenir et protéger les enfants contre la maltraitance. Pour cela les équipes des institutions telles l’aide sociale à l’enfance dans le secteur public et les associations agréées, ont mené un travail particulièrement complexe auprès de familles fragiles. Ces actions ont permis à un certain nombre d’enfants et d’adolescents de trouver l’étayage suffisant pour pouvoir continuer à grandir.

Dans les années 80-90, l’intervention de ces institutions consistait souvent à éloigner les enfants de leurs familles d’origine, respectant parfois peu le droit de ces enfants et de leurs parents. Les parents étaient souvent diabolisés, et on pensait qu’il suffisait d’éloigner les enfants et de leur proposer un milieu éducatif structurant pour leur permettre de se construire. La relation était parfois rompue durant des années et peu de travail se faisait sur le dysfonctionnement familial, la séparation physique et psychique entre parents et enfants et la perte liée à cette absence. Face à des échecs et des répétitions dans la vie de ces enfants séparés et grâce aux travaux menés par un certain nombre de cliniciens et théoriciens comme Myriam David, l’équipe du Professeur Michel Soulé, un travail plus étayant et plus pensé s’est mis en place.

Malheureusement, comme le dénonce le Professeur Maurice Berger, beaucoup reste à faire. Car aujourd’hui, nous sommes partis à l’autre extrémité du balancier en brandissant le droit des parents. Le lien parent-enfant constitue ce qu’il faut aménager « parfois à tout prix » en évaluant peu si ce lien parent-enfant est constructif ou destructeur pour les enfants.
Combien d’enfants au nom de cette politique de protection de l’enfance et des croyances qu’elle sous tend, continuent à être maltraités quand ils rencontrent leur famille alors qu’ils sont « sous protection » ! Comment faire pour écouter la complexité des liens familiaux ? Comment ne pas fermer les yeux sur des situations de maltraitance pour ne pas être dérangé par ce que nous voyons, entendons, percevons et protégeons peut-être inconsciemment ? Pouvons-nous être un peu plus à l’écoute des enfants et de leurs parents, des familles d’accueil, des différences de point de vue entre professionnels, qu’ils soient en soutien des enfants ou de leurs parents !

Mon expérience professionnelle par rapport à cette question des psychotraumatismes

En savoir plus sur les mécanismes en jeu dans les psychotraumatismes

Sandor Ferenczi : Le Traumatisme, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2006

Ferenczi remet sur la scène réelle la notion de traumatisme. Il décrit le mécanisme d’action du traumatisme : la première réaction au choc est une « psychose passagère », une rupture avec la réalité. Dans sa description, Ferenczi insiste sur la soudaineté, le caractère inattendu de l’événement traumatique. Le sujet répond par un clivage psychotique, ainsi qu’une destruction du sentiment de soi, des défenses, voire de la forme propre. On observe une paralysie de toute activité psychique, de la motilité, des perceptions, de la pensée; un état de passivité, de non-résistance s’installe. Le sujet peut alors se faire malléable, pour mieux encaisser le choc, ou bien réagir par la fragmentation, voire l’atomisation de sa personnalité, comme dans le cas de traumas répétés.

Nicolas Abraham et Maria Torok,  l’Ecorce et le Noyau, éd. Poche, 1999

Michael BalintLes voies de la régression Volume 388 de Petite bibliothèque Payot, Science de l’homme (1959)

Harold StewartWinnicott, Balint et le groupe des Indépendants
« Tout d’abord successeur direct de Ferenczi, son analyste et maître, dont il a été le collaborateur sa vie durant. Dans son ouvrage, il étudie les effets du trauma et la façon de les aborder dans la cure.    Dans son article, « Trauma et relation d’objet », paru en 1969 dans l’International Journal of Psychoanalysis, il s’intéresse à la structure même du trauma et à son origine. Il constate qu’aucune théorie existante à l’époque, aussi cohérente et bien argumentée qu’elle soit, ne rend compte de l’ensemble des phénomènes qu’on rencontre dans la clinique. Il en conclut que ces théories sont incomplètes, et, à partir de son expérience de thérapeute, il dégage trois points toujours présents :
1. Les traumas essentiels pour la pathogenèse se produisent dans l’enfance.
2. Ils sont infligés par des proches, avec lesquels existe une relation intense de dépendance et d’amour, fût-elle marquée d’ambivalence.
3. Il s’agit des parents ou de personnes tenant leur autorité des parents, comme les éducateurs par exemple.
L’enfant traumatisé, physiquement et psychiquement plus faible, se trouvant sans défense, n’a d’autre recours que de s’identifier à l’agresseur, se soumettre à tous ses désirs, voire les prévenir, finalement y trouver même une certaine satisfaction »

Caroline Garland (sous la direction de) : Comprendre le traumatisme, Hublot, 2001

Claude Barrois :Les Névroses traumatiques : le psychothérapeute face aux détresses des chocs psychiques, Dunod, 1998

François Lebigot : Traiter les traumatismes psychiques. Clinique et prise en charge, Dunod, 2005

Judith Dupont, la notion de trauma selon Ferenczi et ses effets sur la recherche psychanalytique ultérieure, revue de psychanalyse filigrane, printemps 2008

Saverio Tomasella, La traversée des tempêtes, Renaître après un traumatisme, Éditions EYROLLES, Prix Abraham Torok 2012

Sur le blog de Serge Tisseron : Quand le traumatisme juxtapose les contraires

Pour les professionnels : Collectif de Louis Crocq, Liliane Daligand , Loick M. Villerbu, Cyril Tarquinio, Traumatismes psychiques : Prise en charge psychologique des victimes, Masson 2007

Articles du Docteur Muriel Salmona : memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/generalites.html

« Personnes âgées avec un passé de violences sexuelles en institution : risques de troubles du comportement et de maltraitances » :

Conférence de Boris Cyrulnik – « La mémoire traumatique »



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